Albane de Saint-Rémy raconte, avec ses propres mots, cette peinture qu'elle laisse venir plus qu'elle ne la décide.

Ma démarche de travail, très intuitive, laisse advenir émotions, souvenirs, sensations, mais aussi questions existentielles et spirituelles.

Je me sens un peu comme un équilibriste, entre volonté et lâcher prise, la direction choisie et l'instant à saisir, ce que je voudrais dire et ce qui sort malgré moi, entre geste et matière.

Ces nécessaires temps de solitude quotidiens ouvrent les portes de ces espaces intérieurs où vivent les ombres et les lumières de bien des secrets.

Longtemps j'ai exploré le féminin, au travers du personnage, ses regards, ses masques, ses costumes, signes extérieurs de traversées plus intimes.

Depuis plusieurs mois maintenant je pars aussi à la recherche d'images symboliques, feuilles, tiges, arbres, oiseaux, poissons, jarres, tout ce qui pousse, ce qui vole, qui ondoie, qui contient.

La poésie s'invite dans ce travail et les mots me saisissent parfois comme des petites fulgurances, que je laisse venir avec une joie nouvelle.

Il y a dans ma démarche toujours l'idée de la traversée, du devenir, de la promesse, et comment l'exprimer ?

Ce que je dis là, c'est en regardant l'ensemble de mon travail et en écoutant ce que l'on peut m'en dire que je le formalise ; mais quand je peins, j'expérimente moi-même la traversée : je marche sur mon fil, et j'attends de trouver la sortie.